Arras, Pas-de-Calais, Hauts-de-France
Que faut-il savoir pour comprendre Arras ?
La porte d’entrée du blog : ce qu’il faut savoir sur Arras, ses chiffres, ses protections patrimoniales, son sous-sol, son économie et sa vie culturelle
- 0articles publiés
- 0rubriques
- 0mots publiés
Compteurs calculés sur le contenu réellement publié ici, jamais sur une estimation.
Vrai ou faux sur Arras
Dix affirmations qui circulent partout. La plupart sont fausses, et chaque correction est sourcée.
Chargement de la question…
Répondez par vrai ou par faux.
Les rubriques
Cinq portes d’entrée dans la ville
Comprendre Arras suppose de tenir ensemble trois choses que l’on sépare d’ordinaire : une géographie très ramassée, une histoire faite de destructions puis de reconstructions, et un empilement de protections juridiques qui explique l’allure des rues. Cette page sert de porte d’entrée au blog. Elle rassemble ce qui est établi sur la préfecture du Pas-de-Calais : ses chiffres de population et leur périmètre exact, ses statuts patrimoniaux, son sous-sol creusé, son économie de services, son parc de logements, ses clubs et ses lieux culturels. Elle ne raconte aucune actualité et ne fixe aucun tarif, parce que tout cela change. Elle signale enfin, chaque fois que la documentation manque, ce qui reste incertain.
- Une préfecture Arras est la préfecture du Pas-de-Calais et le chef-lieu de son arrondissement, en région Hauts-de-France.
- Trois périmètres La commune compte 42 875 habitants en 2023, l’unité urbaine 88 911 et la communauté urbaine 109 884, selon l’INSEE.
- Deux biens UNESCO Seuls le beffroi, au titre de l’extension de 2005, et la citadelle de Vauban, depuis 2008, sont inscrits au patrimoine mondial.
- Un décor rebâti Les façades des places procèdent de la reconstruction menée entre 1919 et 1934 sous la direction de Pierre Paquet.
- Une ville creusée Environ vingt kilomètres de galeries, les boves, courent sous le centre, à une douzaine de mètres sous la place des Héros.
- Une économie de services En 2015, 71 % des établissements arrageois relevaient du commerce, des transports et des services divers, selon l’INSEE.
Arras en quelques repères
Arras est la préfecture du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France, et le chef-lieu de l’un des sept arrondissements du département (INSEE). Son code officiel géographique est 62041, son code postal 62000, et ses habitants s’appellent les Arrageois. Le territoire communal se répartit sur trois cantons, Arras-1, Arras-2 et Arras-3. La commune tient dans 11,63 km², une surface modeste qui explique beaucoup de son allure : tout y est proche. Neuf communes la ceinturent, Achicourt, Anzin-Saint-Aubin, Beaurains, Dainville, Duisans, Saint-Laurent-Blangy, Saint-Nicolas, Sainte-Catherine et Tilloy-lès-Mofflaines. Le plan qui suit place ces repères les uns par rapport aux autres, les places, la citadelle, la gare, la Scarpe et cette couronne de voisines.
Ce plan rend visible ce qu’un tableau de chiffres dit mal, la concentration. Les trois places forment un seul ensemble au cœur du tissu ancien, la citadelle occupe à elle seule un pentagone fortifié de cinq fronts et cinq bastions, et le quartier de la gare, dont la Communauté urbaine d’Arras porte la requalification, dessine une autre polarité. Un seul chiffre vaut pour la population communale : 42 875 habitants au titre de la population municipale de 2023, auxquels s’ajoutent 890 personnes comptées à part, soit 43 765 au total (INSEE, populations de référence 2023). La densité communale atteignait 3 501,4 habitants par km² en 2015 ; rapportée à 2023, elle avoisine 3 686, mais ce calcul n’est pas officiel.
Une histoire qui se lit en trois temps
Le premier temps est celui d’une ville gauloise puis romaine. Arras correspond à Nemetacum, oppidum des Atrébates, peuple belge dont la région a gardé le nom ; la conquête romaine intervient en 56 avant Jésus-Christ et la place devient une garnison importante. Le deuxième temps est celui de la ville drapière et religieuse : l’abbaye Saint-Vaast est fondée en 667, et le Moyen Âge fait la fortune d’Arras par la laine, la draperie et la tapisserie, exportée au point qu’au XIVe siècle le mot anglais arras finit par désigner les tapisseries en général. Le troisième temps commence avec la frontière, l’Artois relevant des Pays-Bas habsbourgeois puis espagnols de 1493 à 1640. La frise qui suit remet ces jalons dans l’ordre.
La suite se lit sur cette frise comme une succession de bascules. 1640 marque la prise de la ville par les troupes de Louis XIII, et 1659 le rattachement définitif à la France par le traité des Pyrénées. Vauban y bâtit sa citadelle entre 1668 et 1672. Un siècle plus tard, un avocat arrageois, Maximilien de Robespierre, est élu député aux États généraux. Puis vient la rupture : la Première Guerre mondiale ravage la ville, décrite comme détruite aux trois quarts et décorée de la Croix de guerre 1914-1918, la bataille d’Arras s’ouvrant le 9 avril 1917, et la reconstruction des places est menée à l’identique entre 1919 et 1934 sous la direction de Pierre Paquet. Cette histoire a laissé sur la commune même des lieux de mémoire : le Faubourg d’Amiens Cemetery et l’Arras Memorial, qui honore près de 35 000 disparus, se trouvent près de la citadelle, où le Mur des Fusillés rappelle 218 résistants fusillés pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce qui est protégé, et à quel titre
Deux régimes cohabitent à Arras et se confondent sans cesse dans les conversations. Le premier est international : l’UNESCO inscrit des biens sur la liste du patrimoine mondial, il ne les classe pas. Deux éléments arrageois seulement y figurent, au titre de deux biens sériels distincts. Le beffroi relève du bien nommé aujourd’hui Beffrois de Belgique et de France, inscrit en 1999 avec les seuls beffrois belges puis étendu en 2005 aux beffrois du nord de la France : l’ensemble compte 56 beffrois, dont 33 en Belgique, retenus au titre des critères ii et iv. La citadelle relève du bien Fortifications de Vauban, inscrit le 7 juillet 2008, composé de douze groupes de sites fortifiés.
Le second régime est national. Le classement au titre des monuments historiques est un acte français, régi par le Code du patrimoine, sans rapport de nature avec l’inscription UNESCO. Le beffroi figure sur la liste de 1840, l’une des plus anciennes protections de France ; la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast est classée le 30 octobre 1906, l’abbaye Saint-Vaast en 1907, l’hôtel de ville en 1921 ; la citadelle est classée en totalité par arrêté du 23 octobre 2012. Sur les places, 51 immeubles de la Grand’Place et 44 de la place des Héros sont protégés pour l’essentiel entre 1919 et 1921. Le tableau ci-dessous met en regard chaque élément et son statut exact.
| Élément | Statut exact |
|---|---|
| Beffroi | Inscrit UNESCO au titre des Beffrois de Belgique et de France, extension de 2005, et classé par la liste de 1840 |
| Citadelle | Inscrite UNESCO au titre des Fortifications de Vauban en 2008, classée en totalité par arrêté du 23 octobre 2012 |
| Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast | Classée monument historique le 30 octobre 1906, propriété de l’État |
| Grand’Place | 51 immeubles classés entre 1919 et 1921, aucune inscription au patrimoine mondial |
| Place des Héros | 44 immeubles protégés entre 1919 et 1921, aucune inscription au patrimoine mondial |
| Centre ancien | Site patrimonial remarquable issu d’une AVAP, création au 20 juin 2019 |
Ce tableau montre que les places, si photographiées soient-elles, ne doivent rien à l’UNESCO : elles relèvent de la protection nationale. Un troisième outil complète le dispositif, le site patrimonial remarquable. La loi du 7 juillet 2016 a créé cette catégorie et transformé de plein droit les anciens secteurs sauvegardés, ZPPAUP et AVAP ; celui d’Arras est issu d’une AVAP, avec une date de création au 20 juin 2019 selon la base Mérimée du ministère de la Culture. La liste des monuments historiques d’Arras recense environ 170 éléments protégés, chiffre à manier avec prudence, d’autres comptages circulant sans confirmation.
Le sous-sol, une seconde ville
Sous le centre court un réseau de galeries appelées boves, situées à environ douze mètres sous la place des Héros. Leur origine est utilitaire : dès le IXe siècle, on extrait ici la craie pour bâtir les édifices religieux et les premières défenses. Au XIIe siècle, l’extraction cesse et les marchands transforment ces vides en caves de stockage, ce qui explique les entrées de caves visibles sur rue. L’étendue du réseau avoisine vingt kilomètres selon l’office de tourisme. La visite guidée, qui part de l’office installé au sous-sol de l’hôtel de ville, dure quarante-cinq minutes, dans une atmosphère stable de 11 °C et 80 % d’humidité toute l’année.
Un second réseau, distinct, se situe une vingtaine de mètres sous la ville : la carrière Wellington, rue Arthur Delétoille. À partir de novembre 1916, les Britanniques font appel à des tunneliers néo-zélandais pour relier d’anciennes carrières de craie médiévales et en faire des casernes souterraines. Au printemps 1917, l’ensemble peut abriter jusqu’à 24 000 soldats, en vue de la bataille d’Arras du 9 avril 1917 ; le site est aujourd’hui un musée à visite guidée. Les boves ont connu le même basculement militaire : les caves dispersées sont reliées avant l’offensive, puis servent d’abri anti-aérien pendant la Seconde Guerre mondiale.
À retenir : les boves et la carrière Wellington ne sont pas le même lieu. Les premières sont médiévales, marchandes et peu profondes ; la seconde est un ouvrage militaire de la Grande Guerre, creusé plus bas et sur un autre secteur de la commune.
Lire une façade reconstruite
La Grand’Place mesure 184 mètres de long sur 96 de large, soit 17 664 m². Avec la place des Héros et la place de la Vacquerie, elle forme un ensemble unique de 155 maisons et 345 piliers d’arcades, selon l’office de tourisme. Le vocabulaire architectural mêle l’influence du baroque flamand et une architecture classique à la française du XVIIe siècle : pignons à volutes, arcades continues, galeries, pilastres et entrées de caves ouvertes sur la rue. Une exception saute aux yeux quand on la cherche, l’Hôtel des Trois Luppars, au numéro 49, daté de 1467, exemple de gothique en brique flamand qui rompt le rythme général.
L’essentiel se joue pourtant dans ce que la façade ne dit pas. Ce que l’on regarde procède d’une reconstruction à l’identique conduite entre 1919 et 1934 : les façades extérieures ont été systématiquement préservées, tandis que les intérieurs ont été traités plus librement, faute de relevés précis d’avant-guerre. L’hôtel de ville en donne la démonstration la plus nette : sa façade sur la place des Héros a été rebâtie dans le style gothique des XIVe et XVe siècles, tandis que celle qui donne sur la place de la Vacquerie a adopté une architecture classique. Le beffroi, haut de 75 mètres, achevé en 1554 par Jacques Le Caron, détruit le 21 octobre 1914, a été relevé avec une structure en béton armé.
Attention : écrire que ces façades sont d’origine, ou du XVIIe siècle sans nuance, est inexact. De même, la Grand’Place n’est pas la plus grande place de France : ses 1,77 hectare sont sans commune mesure avec les 12 hectares de la place des Quinconces à Bordeaux.
De quoi vit la ville
La structure économique de la commune est très majoritairement tertiaire. Au 31 décembre 2015, l’INSEE dénombrait 4 081 établissements à Arras, dont 2 903 relevant du commerce, des transports et des services divers, soit 71,0 %, et 836 de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale, soit 20,5 %. La construction en représentait 5,5 % et l’industrie 2,9 %, ce qui ne dit rien de l’activité des communes voisines. La même source comptait 32 812 emplois dans la zone et un taux de chômage de 15,8 %. Ces données sont authentiquement INSEE mais datées : elles éclairent une structure, pas une situation présente.
Cette prédominance des services tient d’abord aux institutions. Arras accueille la préfecture du département, le tribunal judiciaire installé place des États d’Artois, et la CCI Artois, l’une des sept chambres territoriales du réseau CCI Hauts-de-France, qui gère notamment Artois Expo. La santé y pèse également, avec un centre hospitalier public et un établissement privé. S’y ajoute l’enseignement supérieur : l’Université d’Artois, dont le siège est à Arras, est une université multi-sites d’environ 13 300 étudiants, dont plus de 4 000 sur le pôle arrageois de la rue du Temple, réparti en quatre composantes. Le graphique suivant montre la répartition par catégorie socioprofessionnelle.
La lecture de ces barres appelle deux précautions. La série porte sur les 33 528 personnes de 15 ans ou plus recensées en 2015, et elle est incomplète : les retraités y pèsent 22,6 %, les employés 17,9 %, les professions intermédiaires 13,9 %, les ouvriers 12,8 % et les cadres 8,5 %, mais les agriculteurs, les artisans commerçants et une partie des inactifs n’ont pas pu être extraits. Le total ne fait donc pas cent, d’où la présentation en barres. À l’échelle intercommunale, la Communauté urbaine d’Arras totalise 62 671 emplois au lieu de travail en 2023 et 3 815 établissements actifs fin 2024, pour un taux de pauvreté de 16,5 %.
Habiter Arras
Arras est une ville d’appartements et de locataires, ce qui est peu banal pour une commune de cette taille. En 2015, l’INSEE y dénombrait 22 866 logements, dont 20 135 résidences principales ; les appartements représentaient 65,0 % du parc contre 34,5 % de maisons, et 65,4 % des ménages étaient locataires de leur résidence principale, contre 32,9 % de propriétaires. Le statut de ville-centre universitaire et administrative explique largement cette structure. Un second chiffre éclaire la ville autrement : seuls 7,9 % des logements avaient été achevés avant 1919, quand 37,7 % dataient des années 1946 à 1970. La destruction de 1914-1918 se lit dans le parc bâti.
Les noms de quartiers les mieux attestés viennent de deux sources. Les publications documentaires citent Méaulens, Saint-Géry, la Basse-Ville, Baudimont et La Madeleine ; la géographie prioritaire de la politique de la ville nomme officiellement quatre quartiers pour la période 2024-2030, Cheminots Jean Jaurès Moulin Hacart, Blancs Monts et Hochettes, Bonnettes Saint-Pol Baudimont, et Saint-Michel Goudemand, contre trois auparavant. Ces quartiers regroupent 10 402 habitants, soit 24,6 % de la population municipale selon les données 2024 de l’ANCT. Le graphique qui suit compare les trois périmètres statistiques que l’on confond le plus souvent.
Ce que montre cette comparaison est un gradient, pas une hiérarchie. La commune, 42 875 habitants en 2023, est dense, aux alentours de 3 686 habitants par km² selon un calcul non officiel. L’unité urbaine, 88 911 habitants, tombe à 841,8 habitants par km², et la communauté urbaine, 109 884 habitants, à 359,1. Les indicateurs sociaux suivent la même pente : le revenu médian disponible atteint 24 750 euros dans l’unité urbaine contre 25 670 dans la communauté urbaine, le taux de pauvreté 19,0 % contre 16,5 %, données 2023. Employer un chiffre sans préciser son périmètre revient à multiplier la ville par deux et demi.
Le droit qui encadre ce que l’on voit
La cohérence visuelle du centre n’est pas spontanée, elle est réglementée. Dans un site patrimonial remarquable, tous les travaux susceptibles de modifier les parties extérieures des immeubles, les parties non bâties comme les cours et les jardins, ou les éléments d’architecture et de décoration, sont soumis à autorisation préalable. La demande se dépose auprès de l’autorité communale, mais la décision ne lui appartient pas seule : elle est subordonnée à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France. Cet accord est un avis conforme, autrement dit un veto potentiel, et non un simple avis consultatif.
Les délais s’en trouvent allongés, et il vaut mieux les connaître avant de commander des menuiseries. L’examen par l’architecte des Bâtiments de France prend un mois pour une déclaration préalable et deux mois pour un permis. L’instruction complète compte deux mois pour une déclaration préalable, trois mois pour un permis de démolir ou un permis de construire de maison individuelle, quatre mois pour les autres permis. À ce régime s’ajoute celui des abords des monuments historiques : la commune comptant environ 170 éléments protégés, une large part du centre se trouve dans un périmètre qui emporte lui aussi un contrôle. Le document d’urbanisme relève, lui, de la Communauté urbaine d’Arras, compétente pour le PLUi et le SCoT.
Le sport et la vie associative
Le sport arrageois se raconte souvent au-dessus de son niveau réel, ce qui rend la vérification utile. Le club de basket, Arras Pays d’Artois Basket, est un club féminin : ses équipes seniors évoluent en Nationale Féminine 2 et en Régionale Féminine seniors division 2 selon la fiche fédérale, et il n’aligne pas d’équipe senior masculine. Le club de football, Arras FA, fondé en 1901 et dénommé RC Arras jusqu’en 1997, joue en Régional 1, soit le sixième niveau national. Pour le Rugby Club d’Arras, la seule mention de niveau disponible remonte à 2016 : la prudence commande de ne pas en affirmer un aujourd’hui. Le tableau ci-dessous récapitule ces situations.
| Club | Niveau vérifié |
|---|---|
| Arras Pays d’Artois Basket | Nationale Féminine 2 et Régionale Féminine seniors division 2, sans équipe senior masculine |
| Arras FA | Régional 1, sixième niveau du football français, club non professionnel |
| Rugby Club d’Arras | Aucun niveau actuel vérifiable, la seule information disponible datant de 2016 |
| ASPTT Arras | Club omnisports dont l’existence est attestée, sans détail de niveau documenté |
Côté équipements, la documentation publique est plus mince qu’on ne l’imagine. Le stade Degouve, aussi appelé Degouve-Brabant, est recensé avec un terrain d’honneur Marcel Brabant, un terrain synthétique et une aire d’athlétisme ; le recensement exhaustif des piscines, gymnases et salles municipales n’a pas pu être établi à partir d’une source municipale consultable. Deux rendez-vous sportifs récurrents sont en revanche documentés : la R’andouillette, marche organisée dans le cadre de la Fête de l’Andouillette le dernier week-end d’août, et le Trophée Paris-Arras Tour, course cycliste par étapes dont l’arrivée finale a lieu à Arras.
La vie associative relève d’un point de droit qu’il faut fixer une fois pour toutes : les associations arrageoises sont régies par la loi du 1er juillet 1901, de droit commun. Le régime dit d’Alsace-Moselle ne concerne que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle ; il ne s’applique donc ni au Pas-de-Calais ni à Arras. La ville dispose d’une Direction de la vie associative installée en mairie, qui conseille les porteurs de projets, publie un annuaire des associations et organise un Village des associations. Aucun chiffre officiel du nombre d’associations arrageoises n’a pu être obtenu, et aucun ordre de grandeur ne sera avancé.
La culture, ses lieux et son calendrier
Le musée des Beaux-Arts occupe l’ancienne abbaye Saint-Vaast, fondée au VIIe siècle, reconstruite au milieu du XVIIIe en style classique, détruite pendant la Première Guerre mondiale puis restaurée à l’identique. Musée municipal, il porte l’appellation Musée de France au sens du Code du patrimoine depuis le 5 janvier 2002. Ses collections couvrent l’archéologie, les arts décoratifs, les beaux-arts, l’histoire et la photographie, avec des ensembles de sculpture médiévale, de peinture flamande ancienne, de porcelaines du XVIIIe siècle et de peinture du XIXe siècle où figurent Corot et Jules Breton. La cathédrale voisine, ancienne église abbatiale, appartient au même îlot monastique.
Le spectacle vivant s’organise autour du Théâtre d’Arras, place du Théâtre, associé à l’Hippodrome de Douai au sein de Tandem, structure titulaire du label scène nationale, l’un des 78 que compte la France. Le Pharos, salle présentée par la ville avec un amphithéâtre extérieur, accueille jusqu’à 250 personnes ; aucune source ne permet en revanche d’écrire qu’Arras dispose d’une scène de musiques actuelles labellisée. La lecture publique s’appuie sur la médiathèque de l’abbaye Saint-Vaast et sur le Réseau M, qui associe la médiathèque Verlaine, la bibliothèque-ludothèque Ronville et des équipements de communes voisines. Cité Nature, centre de culture scientifique consacré au vivant, occupe une ancienne usine de lampes de mineurs réaménagée par Jean Nouvel.
Le calendrier tient en quelques récurrences. Le Main Square Festival, dont la première édition remonte à 2004, se tient chaque premier week-end de juillet, non pas sur la Grand’Place malgré son nom, mais à la citadelle. L’Arras Film Festival occupe dix jours de novembre et se consacre en priorité au cinéma européen ; il est organisé par l’association Plan Séquence et non par la municipalité. La Ville de Noël se déploie de fin novembre à fin décembre sur la Grand’Place, site principal, ainsi que place des Héros et place du Théâtre, avec plus de 140 chalets et une grande roue de 35 mètres. La Fête de l’Andouillette occupe le dernier week-end d’août.
Entrer et sortir d’Arras
La gare d’Arras se trouve sur la ligne de Paris-Nord à Lille, au point kilométrique 192,127, et constitue un point de bifurcation vers la ligne d’Arras à Dunkerque-Locale et vers celle d’Arras à Saint-Pol-sur-Ternoise. Elle est desservie par des TGV inOui vers Paris-Nord, par des liaisons province-province vers Bruxelles, Lyon, Marseille et Bordeaux, ainsi que par les TER Hauts-de-France et les TERGV. Le bâtiment actuel, construit dans les années 1950, succède à un édifice de 1898, lui-même successeur d’une construction provisoire en bois de 1846. Le graphique suivant donne quelques points datés de sa fréquentation.
Ces points ne forment pas une courbe continue, seules quatre années ayant été relevées, mais ils racontent une trajectoire nette : 4 145 669 voyageurs en 2015, 4 297 088 en 2019, une chute à 2 622 169 en 2020, puis un retour à 4 454 183 en 2023, au-dessus du niveau antérieur. Les temps de parcours expliquent cette intensité d’usage : environ 50 minutes pour Paris-Nord en TGV et environ 20 minutes pour Lille-Europe en TERGV, pour des distances à vol d’oiseau d’environ 160 et 45 kilomètres. Par la route, la ville est reliée par l’A1, entre Paris et Lille, et par l’A26, entre Calais et Troyes, ouverte en 1992.
Questions fréquentes sur Arras
Une page d’accueil ne remplace pas un développement. Ce blog répartit ses explications en cinq rubriques, chacune répondant à une famille de questions : histoire et patrimoine, pour les origines, les monuments et les protections ; économie et droit local, pour l’activité, les institutions et les règles applicables ; cadre de vie et décoration, pour le logement, les quartiers et la manière d’habiter un bâti reconstruit ; sport et vie associative, pour les clubs, les équipements et la loi 1901 ; culture et sorties, pour les musées, les salles et les rendez-vous récurrents. Le schéma qui suit résume ces cinq entrées.
Ce découpage n’est pas décoratif : il correspond à des sources différentes, donc à des degrés de certitude différents. Les rubriques patrimoniales s’appuient sur des actes administratifs datés, faciles à vérifier ; les rubriques économiques et sociales dépendent de séries statistiques dont le millésime doit toujours être affiché ; la vie associative et sportive repose sur des fiches fédérales et des pages municipales, plus mouvantes. Une même ville se décrit donc avec des degrés de fiabilité inégaux, et il vaut mieux le dire que le masquer. Avant les questions les plus fréquentes, six affirmations qui circulent à Arras méritent d’être confrontées à ces sources, parce qu’elles se transmettent sans que personne ne les vérifie.
La Grand’Place et la place des Héros sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO
Elles ne le sont pas. Deux éléments arrageois seulement figurent sur la liste du patrimoine mondial : le beffroi, au titre du bien Beffrois de Belgique et de France, par l’extension de 2005, et la citadelle, au titre des Fortifications de Vauban, en 2008. Les places relèvent d’un autre régime, la protection nationale au titre des monuments historiques, avec des arrêtés pris pour l’essentiel entre 1919 et 1921.
La Grand’Place d’Arras est la plus grande place de France
Le chiffre suffit à trancher. La Grand’Place mesure 184 mètres sur 96, soit 17 664 m², c’est-à-dire 1,77 hectare, quand la place des Quinconces à Bordeaux atteint 12 hectares et est présentée comme la plus grande de France par l’office de tourisme bordelais. Les variantes du superlatif, plus grande du Nord ou d’Europe, ne sont attestées nulle part. La formule exacte parle d’un ensemble de 155 maisons et 345 piliers.
Le centre d’Arras est un secteur sauvegardé
Cette catégorie juridique n’existe plus. La loi du 7 juillet 2016 a créé les sites patrimoniaux remarquables et transformé de plein droit les anciens secteurs sauvegardés, les ZPPAUP et les AVAP. Arras dispose bien d’un site patrimonial remarquable, issu d’une aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine, créé au 20 juin 2019 selon la base Mérimée. Le terme ancien fait perdre de vue le régime d’autorisation applicable aujourd’hui.
Le Mémorial canadien de Vimy et la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette se visitent à Arras
Ni l’un ni l’autre ne se trouve sur la commune. Le Mémorial national du Canada est situé à Givenchy-en-Gohelle, et pas davantage sur la commune de Vimy malgré son nom ; la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette se trouve à Ablain-Saint-Nazaire. Aucune de ces communes n’est limitrophe d’Arras. En revanche, le Faubourg d’Amiens Cemetery et l’Arras Memorial sont bien sur le territoire arrageois, près de la citadelle.
Arras a un club de basket de Ligue Féminine et un club de football professionnel
Les niveaux réels sont plus modestes. Arras Pays d’Artois Basket engage ses équipes seniors en Nationale Féminine 2 et en Régionale Féminine seniors division 2, et le club n’aligne pas d’équipe senior masculine. Arras FA évolue en Régional 1, sixième niveau du football français, ce qui en fait un club amateur. Quant au Rugby Club d’Arras, la seule information de niveau retrouvée date de 2016 et ne peut donc pas être présentée comme actuelle.
Les associations arrageoises bénéficient du droit local, plus souple
Le droit local des associations ne s’applique que dans trois départements, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, où les associations relèvent d’articles du code civil local. Le Pas-de-Calais n’en fait pas partie. Les associations arrageoises sont donc régies par la loi du 1er juillet 1901, sans particularisme. Les spécificités du régime alsacien-mosellan, comme le partage de l’actif entre membres à la dissolution, n’ont aucune application ici.
Restent les questions posées le plus souvent, celles auxquelles une page d’accueil doit répondre en quelques lignes, avec le chiffre juste, l’année de la donnée et le périmètre concerné. Elles portent sur la population, sur le patrimoine mondial, sur l’authenticité des façades, sur les autorisations de travaux, sur le lieu réel des grands rendez-vous et sur les temps de trajet. Chacune renvoie à un développement plus long ailleurs sur le site, mais la réponse courte donnée ici est vérifiable telle quelle, périmètre et millésime compris, ce qui suffit à trancher la plupart des discussions de comptoir.
Combien d’habitants compte Arras ?
La commune compte 42 875 habitants au titre de la population municipale de 2023, chiffre INSEE authentifié par décret du 26 décembre 2025. En ajoutant les 890 personnes comptées à part, la population totale atteint 43 765 habitants. Ce chiffre ne doit pas être confondu avec ceux des périmètres plus larges : l’unité urbaine d’Arras rassemble 88 911 habitants et la Communauté urbaine d’Arras 109 884 habitants, toujours en 2023.
Qu’est-ce qui est inscrit à l’UNESCO à Arras ?
Deux éléments, et deux seulement. Le beffroi est inscrit au titre du bien sériel Beffrois de Belgique et de France, dont les beffrois français ont rejoint la liste lors de l’extension de 2005, le bien ayant été inscrit en 1999 pour les seuls beffrois belges. La citadelle est inscrite au titre des Fortifications de Vauban, bien inscrit le 7 juillet 2008. Ni les places, ni la cathédrale, ni les boves ne sont concernées.
Les façades des places sont-elles d’origine ?
Non, et c’est le point le plus intéressant de leur histoire. Après la destruction de la Première Guerre mondiale, les places ont été rebâties à l’identique entre 1919 et 1934 sous la direction de l’architecte Pierre Paquet. Les façades extérieures ont été systématiquement préservées, tandis que les intérieurs ont été traités plus librement, faute de relevés précis d’avant-guerre. Une exception subsiste, l’Hôtel des Trois Luppars, daté de 1467.
Faut-il une autorisation pour changer une fenêtre dans le centre d’Arras ?
Dans le périmètre du site patrimonial remarquable, tous les travaux modifiant les parties extérieures d’un immeuble sont soumis à autorisation préalable, déposée auprès de l’autorité communale. Cette autorisation est subordonnée à l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, qui rend un avis conforme : sans son accord, elle ne peut pas être délivrée. Comptez un mois d’examen pour une déclaration préalable et deux mois pour un permis.
Où se déroule réellement le Main Square Festival ?
À la citadelle, malgré un nom qui renvoie à la Grand’Place. Le festival, dont la première édition remonte à 2004, s’est tenu sur la place à ses débuts, ce qui lui a donné son nom, avant de s’installer durablement dans l’enceinte fortifiée. Il se déroule chaque premier week-end de juillet. La citadelle accueille par ailleurs le siège de la Communauté urbaine d’Arras, des logements et des entreprises.
Combien de temps faut-il pour rejoindre Paris ou Lille ?
Environ 50 minutes en TGV pour Paris-Nord et environ 20 minutes en TERGV pour Lille-Europe, la gare d’Arras se trouvant sur la ligne de Paris-Nord à Lille. Les distances à vol d’oiseau sont d’environ 160 kilomètres pour Paris et 45 kilomètres pour Lille. Par la route, la ville est desservie par l’autoroute A1, entre Paris et Lille, et par l’A26, ouverte en 1992.
Publications
Les trois derniers articles
Contact
Une correction, une question, un sujet ?
Ce blog est éditorial : il ne vend rien et ne démarche personne. Vous pouvez en revanche signaler une erreur factuelle sur Arras, proposer un sujet qui manque, demander une précision sur une source, ou nous écrire à propos du traitement de vos données. Les messages arrivent sur contact@blog-arras.fr et reçoivent une réponse dans la mesure du possible.
- Correction d’une information sur la ville ou son patrimoine
- Proposition d’un sujet à traiter
- Question sur une source ou sur une donnée citée
- Exercice de vos droits sur vos données