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Économie et droit local

Comment crée-t-on et fait-on vivre une association à Arras ?

Par Blog Arras 13 min de lecture

Statuts d’association, déclaration et publication au Journal officiel

Créer une association loi 1901 à Arras ne demande ni capital, ni notaire, ni autorisation préalable : deux personnes, un projet commun et des statuts suffisent. Encore faut-il savoir ce que l’on signe. Ce texte explique ce qu’est juridiquement une association au sens de la loi du 1er juillet 1901, ce qui sépare une association de fait d’une association déclarée, comment se rédigent des statuts, à quoi servent la déclaration en préfecture et la publication au Journal officiel, puis comment fonctionnent au quotidien un bureau, une assemblée générale et une comptabilité associative. Il aborde enfin la responsabilité des dirigeants et la dissolution. Il ne traite ni de la fiscalité détaillée ni du droit du travail, et ne remplace pas un conseil juridique.

Ce que la loi du 1er juillet 1901 autorise à créer à Arras

La loi du 1er juillet 1901 tient en peu d’articles, et c’est précisément sa force. Elle définit l’association comme la convention par laquelle deux personnes ou davantage mettent en commun, de façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Tout le reste relève de la liberté des fondateurs. Cette économie de moyens explique pourquoi la vie collective s’organise autant autour de structures bénévoles dans une ville administrative et universitaire comme Arras, aux côtés des acteurs présentés dans la rubrique économie et droit local à Arras. Une association n’est ni une entreprise, ni un démembrement de la commune, ni un simple groupe d’amis : c’est un contrat qui peut, sous condition, donner naissance à une personne juridique distincte de ceux qui l’ont signé.

Un contrat entre deux personnes au moins

Le point de départ est un accord de volontés, pas un formulaire. Deux personnes suffisent, physiques ou morales. Le but non lucratif ne signifie pas que l’association ne peut pas encaisser d’argent : elle peut vendre des places, facturer une prestation, tenir une buvette. Ce qui lui est interdit, c’est de distribuer ses excédents à ses membres, de quelque manière que ce soit. Un club qui dégage un boni le réinvestit dans son objet, il ne le partage pas. Cette frontière la sépare de la société commerciale bien plus sûrement que la taille ou le budget. La liberté d’association a valeur constitutionnelle : aucune autorisation administrative préalable ne peut être exigée.

Association de fait et association déclarée

Une association existe dès la signature des statuts, même si personne ne déclare rien. On parle alors d’association de fait : elle est licite, elle peut se réunir et organiser des activités, mais elle n’a pas la personnalité morale. Elle ne peut ni ouvrir un compte bancaire à son nom, ni signer un bail, ni recevoir une subvention, ni agir en justice, ni détenir le moindre bien. Faute de patrimoine propre, ce sont les personnes qui agissent qui s’engagent sur le leur. La situation reste tenable pour un collectif de voisins. Dès qu’apparaissent un local, une assurance, un salarié, une convention avec une collectivité ou du matériel à acheter, elle ne l’est plus, et la déclaration devient une nécessité pratique autant que juridique.

Pourquoi le droit local d’Alsace-Moselle ne concerne pas le Pas-de-Calais

C’est la confusion la plus fréquente, entretenue par des modèles de statuts qui circulent sans mention de leur champ d’application. Il existe bien en France un second régime associatif, codifié aux articles 21 à 79 du code civil local. Il autorise notamment un but lucratif et permet, à la dissolution, un partage de l’actif entre les membres. Ce régime ne s’applique qu’aux associations dont le siège se trouve dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle, et il repose sur une inscription à un registre tenu par le tribunal, non sur une déclaration en préfecture. Le Pas-de-Calais n’en fait pas partie : une association arrageoise relève du droit commun de la loi de 1901, sans exception.

Attention : aucun des avantages du droit local alsacien-mosellan, partage de l’actif compris, ne peut être transposé dans des statuts arrageois. Une clause qui prévoirait la répartition du boni de liquidation entre les membres serait réputée non écrite.

La création d’une association arrageoise, des statuts au Journal officiel

La création proprement dite se joue en trois temps : on écrit, on déclare, on publie. Chaque étape produit un effet juridique différent, et les confondre conduit à de mauvaises surprises, par exemple lorsqu’une banque ou un bailleur réclame une preuve d’existence que le groupe fondateur n’a pas. Ces formalités valent aussi bien pour un club sportif que pour une amicale de quartier, une troupe de théâtre ou une association de commerçants active dans le tissu décrit à propos de l’économie arrageoise et ses secteurs d’activité. La loi n’impose presque rien sur le fond des statuts, ce qui laisse une liberté considérable, mais aussi une responsabilité : ce que les statuts ne prévoient pas, personne ne le prévoira à la place des fondateurs le jour d’un désaccord.

Des statuts qui décrivent l’objet, le siège et les organes

Des statuts utiles tiennent en quelques pages et répondent à des questions concrètes. La dénomination d’abord, choisie en vérifiant qu’elle n’empiète ni sur une marque ni sur le nom d’une structure existante. L’objet social ensuite, à rédiger assez large pour ne pas devoir modifier les statuts à chaque nouvelle activité, mais assez précis pour rester lisible par un financeur. Le siège social, qui détermine l’autorité auprès de laquelle on déclare et le tribunal compétent. Puis les règles du jeu interne : qui peut adhérer, comment on perd cette qualité, quels organes existent, comment ils sont élus, avec quel quorum et quelle majorité ils délibèrent, comment se modifient les statuts et se prononce la dissolution. Un règlement intérieur accueille le détail changeant, ce qui évite de rouvrir les statuts trop souvent.

La déclaration auprès de la préfecture du Pas-de-Calais

La déclaration se dépose auprès du greffe des associations du département où l’association fixe son siège, préfecture ou sous-préfecture selon l’arrondissement. Arras étant la préfecture du Pas-de-Calais et le chef-lieu de l’arrondissement d’Arras, une association dont le siège se trouve dans la commune s’adresse à la préfecture installée à Arras. Le dossier comporte la déclaration, un exemplaire des statuts signés et la liste des personnes chargées de l’administration, avec leurs fonctions. L’administration ne juge ni l’opportunité ni la qualité du projet : elle vérifie la régularité formelle et délivre un récépissé. L’association reçoit un numéro d’inscription au répertoire national des associations, commençant par la lettre W, qui l’identifiera ensuite partout. Les changements ultérieurs de dirigeants, de siège ou de statuts se déclarent de la même manière.

La publication au Journal officiel des associations

La déclaration donne lieu à une insertion au Journal officiel des associations et fondations d’entreprise, qui rend l’existence de l’association opposable aux tiers et lui confère sa capacité juridique. C’est à partir de là qu’elle peut ouvrir un compte, s’assurer, prendre un local, employer, recevoir des dons manuels et solliciter une subvention. Le témoin de publication est d’ailleurs le document que réclament banques, bailleurs et services instructeurs, davantage que les statuts eux-mêmes. Le tableau ci-dessous met en regard chaque formalité et l’effet qu’elle produit réellement, car l’ordre compte : signer des statuts ne crée aucune personne morale, et déclarer sans publier laisse l’association dans un entre-deux inconfortable. La séquence achevée, la structure existe pour tout le monde, et non plus seulement pour ceux qui l’ont fondée.

Formalité accomplieEffet juridique produit
Rédaction et signature des statutsLe contrat d’association lie ses signataires, sans effet à l’égard des tiers
Dépôt de la déclaration au greffe des associationsDélivrance d’un récépissé et attribution d’un numéro au répertoire national des associations
Publication au Journal officiel des associationsNaissance de la personnalité morale, opposable aux tiers
Ouverture d’un compte au nom de l’associationSéparation effective du patrimoine associatif et des patrimoines personnels
Déclaration des changements de dirigeants ou de statutsMise à jour de l’identité connue des tiers et des financeurs
Déclaration de la dissolutionClôture de la personnalité morale une fois la liquidation achevée

Le fonctionnement ordinaire d’une association arrageoise

Une fois publiée, une association vit de règles qu’elle s’est données elle-même, sous le contrôle de ses membres. La loi de 1901 n’impose ni conseil d’administration, ni président, ni assemblée générale annuelle : ces organes sont devenus la norme parce que les statuts types les prévoient et parce que les financeurs les attendent. À Arras, la ville dispose d’une Direction de la vie associative installée en mairie, chargée de conseiller les porteurs de projets, publie un annuaire des associations et organise un Village des associations, autant de portes d’entrée pour les bénévoles comme pour les structures qui cherchent à se faire connaître, notamment dans les disciplines évoquées à propos des sports pratiqués à Arras. Aucune source publique ne permet en revanche d’avancer un nombre total d’associations arrageoises.

Bureau, conseil d’administration et assemblée générale

Le vocabulaire courant distingue trois niveaux. L’assemblée générale réunit les membres et détient le pouvoir souverain : elle approuve les comptes, élit les administrateurs, décide des orientations et, en séance extraordinaire, modifie les statuts ou prononce la dissolution. Le conseil d’administration administre entre deux assemblées. Le bureau, souvent composé d’un président, d’un trésorier et d’un secrétaire, exécute et représente au quotidien. Rien n’oblige à cette architecture : une petite association peut fonctionner avec une assemblée et deux ou trois représentants, et une gouvernance collégiale sans président reste valide dès lors que les statuts désignent clairement qui l’engage vis-à-vis des tiers. L’essentiel est que les statuts disent qui décide quoi, avec quelles majorités, et que convocations et procès-verbaux gardent une trace écrite des décisions.

L’adhésion, la cotisation et la liste des membres

L’adhésion est un acte volontaire par lequel une personne accepte les statuts et devient membre, avec les droits de vote qui s’y attachent. La cotisation, elle, n’est pas obligatoire par principe : c’est une clause statutaire, et une association peut fonctionner sans en réclamer, ou la moduler selon les catégories de membres qu’elle définit. Son montant, sa périodicité et l’organe compétent pour le fixer relèvent des statuts ou du règlement intérieur, pas de la loi. Tenir à jour la liste des membres n’est pas une formalité de plus : c’est la condition pour convoquer valablement une assemblée, calculer un quorum et savoir qui vote. Les statuts précisent aussi comment se perd la qualité de membre, par démission, non-paiement ou radiation, cette dernière supposant une procédure contradictoire.

Tenir des comptes lisibles, même sans obligation légale

Une association sans salarié, sans subvention importante et sans activité économique n’est pas tenue à une comptabilité formalisée. Elle a pourtant tout intérêt à en tenir une, ne serait-ce que parce que le trésorier rend compte devant l’assemblée générale et parce que le moindre financeur public réclame un budget et un compte de résultat. Les obligations se renforcent selon des seuils et des situations, par exemple en cas de financement public significatif, d’émission de reçus fiscaux ou d’activité lucrative. Le schéma ci-dessous récapitule les six étapes qui jalonnent la vie d’une association loi 1901, de la rédaction des statuts à la dissolution, en montrant à quel moment chacune produit ses effets.

1Rédigerdes statuts qui fixent l’objet,le siège et les organes2Déclarerle dossier auprès de lapréfecture du département dusiège3Publierun avis au Journal officiel desassociations4Ouvrirun compte, souscrire lesassurances, tenir les comptesPuis chaque année, la même boucleAssemblée générale, approbation des comptes, renouvellement du bureau, déclaration des changements en préfecture.Le droit local d’Alsace-Moselle ne s’applique pas iciIl ne concerne que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Dans le Pas-de-Calais, c’est la loi du 1er juillet 1901 de droit commun.
De l’idée à l’association déclarée. Schéma de procédure. Les pièces exigées et les formulaires évoluent : la déclaration se fait auprès du service compétent de la préfecture, qui en publie la liste à jour.

Ce que cette suite fait apparaître, c’est qu’une association passe beaucoup plus de temps dans les étapes intermédiaires que dans les formalités de création, lesquelles ne pèsent que quelques semaines dans une existence qui peut durer des décennies. La création concentre pourtant l’essentiel de l’attention des fondateurs, alors que les difficultés sérieuses surgissent presque toujours plus tard : une assemblée mal convoquée, des dirigeants dont le mandat a expiré sans être renouvelé, une modification de statuts jamais déclarée, une trésorerie tenue sur un cahier que personne ne retrouve. Les statuts et le registre des décisions sont les deux documents qu’une association doit pouvoir produire à tout moment, et ce sont aussi les deux qu’elle égare le plus souvent lors d’un changement d’équipe.

Responsabilité, subventions et dissolution d’une association

Trois questions reviennent au moment de s’engager comme dirigeant bénévole : jusqu’où va-t-on personnellement, comment obtient-on de l’argent public, et comment arrête-t-on proprement une structure qui a fait son temps. Elles se répondent ensemble, car la personnalité morale acquise à la publication joue dans les trois cas le rôle d’écran entre l’association et les personnes qui l’animent. Cet écran n’est pas absolu : il tient à la manière dont l’association est gérée et à la régularité de ses décisions. Un point mérite d’être répété : ce qui suit décrit des mécanismes généraux, et une situation concrète, en particulier lorsqu’un salarié, un équipement ou une dette sont en jeu, appelle l’avis d’un professionnel du droit plutôt qu’une lecture rapide.

Ce que risquent réellement les dirigeants bénévoles

Le principe est simple : c’est l’association, personne morale, qui répond de ses engagements sur son propre patrimoine. Un créancier impayé se retourne contre elle, pas contre le président. Cette protection cesse en cas de faute personnelle détachable des fonctions, de faute de gestion caractérisée, de dépassement manifeste de l’objet statutaire ou d’engagement pris au nom d’une association qui n’a pas encore la personnalité morale. Un dirigeant qui signe un contrat avant la publication s’engage personnellement, et l’association devra ensuite reprendre expressément cet engagement. S’ajoutent les responsabilités propres à l’activité : sécurité des participants, encadrement des mineurs, assurance obligatoire pour certaines pratiques sportives. Souscrire une responsabilité civile adaptée à l’objet réel de l’association reste la précaution la plus élémentaire.

Subventions publiques, agrément et contreparties

Aucune association n’a droit à une subvention : une collectivité ou un service de l’État décide librement de soutenir un projet qui rejoint une politique publique. La demande passe par un dossier normalisé, présentant l’objet, le budget prévisionnel, les comptes du dernier exercice et le projet financé, et elle suppose une association déclarée, publiée et dotée d’un compte bancaire. Au-delà de certains montants, une convention d’objectifs formalise les engagements réciproques et le compte rendu financier attendu. L’agrément est une reconnaissance distincte, délivrée dans un champ donné, sport, jeunesse et éducation populaire ou environnement par exemple. Il n’est pas une condition d’existence, mais il ouvre l’accès à certains dispositifs. Montants, critères et calendriers varient selon les collectivités et ne se devinent pas : il faut les demander au service concerné.

Mise en sommeil, fusion et dissolution

Une association qui n’a plus d’activité ne disparaît pas d’elle-même. Elle peut être mise en sommeil, pratique sans définition juridique consistant à maintenir la structure avec un formalisme minimal, ou fusionner avec une autre structure. La dissolution volontaire se décide selon les règles prévues par les statuts, généralement en assemblée générale extraordinaire. Elle ouvre une phase de liquidation : on paie les dettes, on récupère les créances, on solde le compte. Ce qui reste, le boni de liquidation, ne peut jamais être partagé entre les membres, contrairement à ce qu’autorise le droit local des trois départements de l’Est. Il est dévolu à une autre association poursuivant un but analogue. La dissolution se déclare enfin au greffe des associations, faute de quoi la structure continue d’exister sur le papier.

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