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Sport et vie associative

Où en est le football à Arras avec l’Arras FA ?

Par Blog Arras 14 min de lecture

Terrain de football vu de haut avec ballon et tribune, illustration du club de l’Arras FA en Régional 1

Parler de football à Arras, c’est d’abord parler de l’Arras FA, club fondé en 1901 et connu sous le nom de RC Arras jusqu’en 1997. Plus d’un siècle après sa création, l’équipe fanion évolue en Régional 1, le sixième niveau du football français (Wikipédia, Arras FA), loin des projecteurs du football professionnel mais au sommet de la pyramide régionale des Hauts-de-France. Le club a pourtant vécu un moment resté dans les mémoires en 2013, lorsqu’un neuvième tour de Coupe de France l’a opposé au Paris Saint-Germain, pour une défaite de justesse, 4 à 3. Il joue au stade Degouve-Brabant, complexe qui réunit un terrain d’honneur, un terrain synthétique et une aire d’athlétisme. Retracer l’histoire du club, situer précisément son niveau, revenir sur l’épisode de 2013 et replacer le football dans l’offre sportive d’une ville de 42 875 habitants (INSEE, 2023) : tel est le programme de ce portrait.

L’Arras FA, un club centenaire parmi les sports à Arras

Dans une préfecture qui ne compte aucun club professionnel, l’Arras FA tient une place singulière. Il n’est pas le seul club de la ville à porter ses couleurs au-delà des limites communales : le basket féminin arrageois évolue en Nationale Féminine 2, et d’autres disciplines disposent de structures actives. Mais le football conserve une visibilité particulière, liée à l’ancienneté du club, à la taille de son stade et à la popularité de la discipline dans tout le nord de la France. Pour qui s’intéresse aux sports à Arras, l’Arras FA constitue donc un point d’entrée naturel. Encore faut-il le décrire avec justesse. Les informations publiques disponibles sur le club sont rares et dispersées, et la plupart des chiffres qui circulent, effectifs, budgets ou affluences, ne reposent sur aucune source vérifiable. Ce portrait s’en tient donc à ce qui est établi : une date de fondation, un changement de nom, un niveau de compétition, un stade et un résultat marquant. Ces cinq éléments suffisent pourtant à raconter une trajectoire typique du football français de province, celle d’un club né avec le siècle, installé dans la durée et aujourd’hui engagé dans le haut du football amateur régional, avec ce que cela suppose de bénévolat, d’encadrement et d’attachement local.

1901 : un club né avec le siècle

L’Arras FA fait remonter sa fondation à 1901 (Wikipédia, Arras FA). À cette date, la ville compte 25 813 habitants selon la série historique des recensements (Ldh/EHESS/Cassini, reprise par Wikipédia), soit environ six sur dix de sa population actuelle. Le football est alors un sport encore jeune en France, venu d’Outre-Manche et diffusé par les lycées, les patronages et les sociétés sportives urbaines. L’année 1901 est aussi celle de la loi du 1er juillet sur le contrat d’association, qui donne un cadre juridique durable à la vie associative française et régit encore aujourd’hui les clubs amateurs du Pas-de-Calais, sans particularisme local. Rien dans les sources consultées ne permet d’affirmer que la naissance du club découle directement de ce texte, mais la coïncidence rappelle que le sport de club s’est construit en France sur le modèle associatif. L’histoire du club dans la première moitié du siècle reste mal documentée publiquement. On sait en revanche que la ville elle-même a été détruite aux trois quarts pendant la Première Guerre mondiale (Wikipédia, Arras), puis reconstruite dans l’entre-deux-guerres : un contexte qui a nécessairement pesé sur toute la vie sportive locale, même si aucune source consultée ne détaille l’activité du club pendant ces années.

De RC Arras à Arras FA : le changement de nom de 1997

Pendant la majeure partie de son existence, le club a porté le nom de RC Arras, avant d’adopter en 1997 sa dénomination actuelle d’Arras Football Association, abrégée en Arras FA (Wikipédia, Arras FA). Les sources publiques consultées ne précisent pas les circonstances exactes de ce changement, qu’il serait imprudent d’interpréter sans document d’époque : dans le football amateur, une nouvelle appellation accompagne parfois une fusion, une réorganisation administrative ou un projet sportif renouvelé, mais rien ne permet de trancher ici. Le choix de l’expression Football Association n’en est pas moins parlant. Il renvoie à l’origine britannique du jeu, codifié en Angleterre au XIXe siècle, et résonne de manière particulière dans une ville où la présence britannique est inscrite dans le paysage, du cimetière du Faubourg d’Amiens et de l’Arras Memorial, sur le boulevard du Général de Gaulle, à la carrière Wellington, creusée par des tunneliers néo-zélandais à partir de 1916. Aucune source ne relie explicitement le nom du club à cette mémoire, et il faut s’en garder. Reste que la dénomination de 1997 a donné au club une identité facile à retenir, que l’on retrouve aujourd’hui dans les classements régionaux et dans les tableaux de la Coupe de France.

Arras FA : quatre repères datés1901Fondation du club1997Le RC Arras devientArras Football Association2013Neuvième tour de Coupede France : défaite 4-3contre le Paris Saint-GermainAujourd’huiRégional 1,sixième niveau nationalÉchelle non proportionnelle. Source : Wikipédia (version anglaise), article Arras FA.
Plus d’un siècle en quatre dates. Les seuls jalons que les sources consultées permettent d’établir avec certitude ; l’intervalle entre les points n’est pas à l’échelle.

Arras FA en Régional 1 : le sixième niveau du football français

Le point le plus important, et le plus souvent déformé, concerne le niveau réel du club. L’équipe première de l’Arras FA évolue en Régional 1, c’est-à-dire au sixième niveau de la hiérarchie du football masculin français (Wikipédia, Arras FA). Au-dessus d’elle se trouvent cinq échelons nationaux : la Ligue 1 et la Ligue 2, seules divisions professionnelles, puis le National, le National 2 et le National 3. Le Régional 1 est le premier échelon organisé non plus à l’échelle du pays, mais à celle d’une ligue régionale, en l’occurrence celle des Hauts-de-France, région née de la fusion du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. Cette position est à la fois modeste et enviable. Modeste, parce que le club se situe loin des divisions médiatisées et ne dispose pas du statut professionnel. Enviable, parce que le Régional 1 constitue le plus haut niveau régional, au terme d’une pyramide qui compte, sous lui, de nombreuses divisions régionales puis départementales. Chaque saison, les montées et les descentes redistribuent les places selon des règlements propres à chaque ligue, qu’il faut consulter pour connaître les conditions exactes d’accession. Le tableau ci-dessous rappelle l’ordre des championnats seniors masculins, du sommet jusqu’au niveau de l’Arras FA.

Échelon nationalChampionnat masculin seniors
1er niveauLigue 1
2e niveauLigue 2
3e niveauNational
4e niveauNational 2
5e niveauNational 3
6e niveauRégional 1, où évolue l’Arras FA

Le Régional 1, sommet de la pyramide régionale

Évoluer en Régional 1, c’est appartenir à l’élite du football amateur d’une grande région. Dans les Hauts-de-France, région de tradition footballistique ancienne, la concurrence y est réelle : les adversaires viennent de villes moyennes, de bassins miniers ou de communes périurbaines, et chaque déplacement engage une organisation logistique qui repose largement sur des bénévoles. Le championnat est organisé par la ligue régionale, qui fixe le calendrier, les règlements, les conditions de participation et les modalités de montée vers le National 3 ou de relégation vers les divisions inférieures. Les exigences qui pèsent sur un club de ce niveau ne sont pas seulement sportives. Il faut disposer d’installations conformes, d’un encadrement diplômé, d’arbitres en nombre suffisant ou d’une contribution à leur formation, et bien souvent d’équipes de jeunes engagées dans leurs propres compétitions. Ces obligations varient selon les saisons et les ligues, et seul le règlement en vigueur permet d’en connaître le détail. Elles expliquent pourquoi un club comme l’Arras FA fonctionne comme une petite institution, avec ses dirigeants, ses éducateurs et ses bénévoles, bien au-delà des quatre-vingt-dix minutes du dimanche. Aucune source publique consultée ne chiffre toutefois ses licenciés ou son budget, et il serait hasardeux d’avancer un ordre de grandeur.

Pourquoi l’Arras FA n’est ni professionnel ni en National

Il circule régulièrement, dans des guides ou des articles rapides, l’idée qu’Arras disposerait d’un club de football professionnel, voire d’une équipe évoluant en National. C’est inexact. L’Arras FA joue en Régional 1, et aucun club arrageois n’évolue aujourd’hui dans l’une des divisions professionnelles ou dans un championnat national (Wikipédia, Arras FA). La confusion tient sans doute à plusieurs facteurs : l’ancienneté du club, le souvenir du match contre le Paris Saint-Germain, et le statut de préfecture de la ville, qui laisse supposer à tort une vitrine sportive de premier plan. Elle tient aussi à une méconnaissance de la hiérarchie : entre la Ligue 1 et le Régional 1, il y a cinq marches, et chacune correspond à un écart considérable de moyens et de niveau de jeu. Décrire correctement le club n’est pas le diminuer. Le football amateur de haut niveau régional exige un engagement important de la part de joueurs qui, dans leur immense majorité, mènent une vie professionnelle ou étudiante en parallèle. C’est précisément ce qui fait sa valeur et son ancrage local. La même vigilance vaut pour les autres disciplines arrageoises, dont les niveaux sont souvent surestimés : le basket féminin évolue en Nationale Féminine 2, et le niveau actuel du rugby n’est pas confirmé par une source récente.

L’Arras FA en Coupe de France : le souvenir de 2013

Si l’Arras FA a une date à mettre en avant, c’est 2013. Cette année-là, le club atteint le neuvième tour de la Coupe de France et y affronte le Paris Saint-Germain, qui l’emporte par 4 buts à 3 (Wikipédia, Arras FA). C’est le meilleur résultat cité pour le club dans les sources consultées. Le score, à lui seul, raconte beaucoup : face à une équipe professionnelle de premier plan, un club amateur a marqué trois fois et maintenu l’incertitude jusqu’au bout. Les sources publiques consultées ne détaillent ni le déroulé du match, ni les buteurs, ni l’affluence, et il serait malvenu de reconstituer ces éléments de mémoire. Ce qui reste établi suffit à comprendre pourquoi ce match demeure une référence locale. La Coupe de France est la seule compétition où un club du sixième niveau peut croiser, en match officiel, un adversaire de l’élite. Pour les joueurs, c’est l’occasion d’une vie ; pour les dirigeants, une vitrine et parfois une ressource financière ; pour la ville, un moment de fierté partagé bien au-delà du cercle des supporters habituels. Plus d’une décennie plus tard, cette rencontre continue d’être citée dès qu’il est question du club, au point d’éclipser parfois le quotidien d’un championnat régional pourtant exigeant.

Un neuvième tour face au Paris Saint-Germain

Atteindre le neuvième tour de la Coupe de France suppose, pour un club amateur, d’avoir franchi une longue série d’éliminatoires. La compétition démarre à la fin de l’été par des tours régionaux où s’affrontent des clubs de district et de ligue, et s’élargit au fil des mois aux divisions supérieures. Chaque tour se joue sur un match à élimination directe, sans seconde chance. Pour l’Arras FA, se hisser jusqu’à ce stade en 2013 signifiait donc avoir éliminé plusieurs adversaires dans une région où la concurrence est vive. Le tirage au sort a ensuite désigné le Paris Saint-Germain, club de Ligue 1. La défaite 4 à 3 (Wikipédia, Arras FA) appartient à la catégorie des exploits sans qualification, ceux que la Coupe de France fabrique chaque saison et qui marquent durablement l’histoire des petits clubs. Il faut se garder d’en faire davantage : le résultat reste une élimination, et il n’a pas modifié le niveau de compétition du club. Mais il a offert une visibilité nationale rare à un club régional, et donné aux jeunes licenciés un repère concret de ce que le football amateur peut produire dans un grand soir.

La Coupe de France, horizon des clubs amateurs

La Coupe de France occupe une place à part dans le calendrier d’un club de Régional 1. Organisée par la Fédération française de football, elle est ouverte aux clubs amateurs comme professionnels, ce qui en fait l’une des rares compétitions où la hiérarchie peut être bousculée le temps d’un match. Pour un club comme l’Arras FA, chaque parcours se construit tour après tour, souvent contre des adversaires voisins d’un ou deux niveaux d’écart, avant que les clubs professionnels n’entrent dans la compétition. Le règlement, les dates et le format évoluent selon les saisons, et seul le règlement officiel de la fédération permet d’en connaître le détail exact. Un bon parcours a des effets très concrets : il attire du public au stade, suscite l’intérêt de la presse régionale, peut générer des recettes de billetterie et renforce l’attractivité du club auprès des joueurs et des familles. Il a aussi ses contraintes, puisqu’il s’ajoute au calendrier du championnat et mobilise l’encadrement bénévole sur des week-ends supplémentaires. Le souvenir de 2013 illustre bien cette double nature. La Coupe est une fête, mais elle ne remplace pas le travail de fond d’une saison régionale, qui reste la mesure réelle de la solidité d’un club et de sa capacité à durer.

Le stade Degouve-Brabant : trois équipements attestésTerrain d’honneurMarcel BrabantRencontres de l’équipe premièreTerrain synthétiqueSurface artificiellepisteAire d’athlétismeUsage non limité au footballVignettes symboliques, disposition réelle non représentée. Repères qualitatifs, pas des mesures.
Un complexe, trois équipements. Composition d’après le Répertoire des équipements sportifs et Wikipédia ; les dimensions et l’implantation des équipements ne sont pas figurées.

Le stade Degouve-Brabant, terrain de l’Arras FA

L’Arras FA joue au stade Degouve, également appelé stade Degouve-Brabant (Wikipédia, Arras FA ; Répertoire des équipements sportifs). Le nom composé renvoie aux deux dénominations qui coexistent sur le site : celle du complexe, Degouve, et celle du terrain d’honneur Marcel Brabant, où se disputent les rencontres de l’équipe première. Le Répertoire des équipements sportifs, base publique qui recense les installations sportives françaises, décrit un complexe comportant notamment ce terrain d’honneur, un terrain synthétique et une aire d’athlétisme. Les sources consultées ne précisent ni la capacité des tribunes, ni la date de construction, ni les travaux éventuellement réalisés, et aucune de ces données ne sera donc avancée ici. Le stade appartient à la catégorie des équipements municipaux multi-usages que l’on rencontre dans la plupart des villes moyennes françaises, où le football cohabite avec d’autres pratiques et avec l’accueil des scolaires. Pour le visiteur, un match de Régional 1 offre une expérience très différente d’une rencontre professionnelle : proximité avec le terrain, ambiance familiale, échanges directs avec les dirigeants et les bénévoles. C’est aussi, pour qui découvre la ville, une manière de rencontrer Arras hors de ses places et de ses monuments, dans un de ces lieux où se fabrique la sociabilité ordinaire d’une ville moyenne.

Terrain d’honneur, synthétique et athlétisme : un complexe partagé

La composition du stade Degouve dit beaucoup de son fonctionnement. Le terrain d’honneur accueille les rencontres officielles de l’équipe première ; les sources consultées ne précisent pas la nature de sa surface, mais un terrain de ce rang est d’ordinaire ménagé, car un usage intensif l’use vite. Le terrain synthétique, lui, permet d’absorber l’essentiel des entraînements et des matchs des équipes de jeunes, y compris pendant les périodes de pluie ou de gel. Cette complémentarité est devenue la norme dans de nombreux clubs amateurs français. L’aire d’athlétisme, enfin, indique que le complexe n’est pas l’usage exclusif du football : ce type d’équipement accueille généralement d’autres pratiquants, scolaires, associations ou coureurs, selon des modalités fixées par le propriétaire du site. Les sources consultées ne précisent pas l’organisation des créneaux ni la répartition entre utilisateurs, et c’est auprès de la ville ou du club qu’il convient de se renseigner pour une inscription ou une pratique libre. Il faut enfin noter que le recensement complet des équipements sportifs municipaux d’Arras, gymnases, piscines ou salles, n’a pas pu être établi à partir d’une source municipale consultable : le stade Degouve reste, à ce jour, l’équipement sportif le mieux documenté publiquement de la commune.

Le football parmi les autres sports arrageois

L’Arras FA s’inscrit dans un paysage sportif plus large, que la population de la ville rend particulièrement vivant. En 2015, les 15 à 29 ans formaient la tranche d’âge la plus nombreuse de la commune, avec 24,8 % des habitants (INSEE, Dossier complet, 2015), une donnée cohérente avec la présence d’un pôle universitaire de plus de 4 000 étudiants (Université d’Artois). Cette jeunesse nourrit les clubs, mais elle se répartit entre de nombreuses disciplines. Le basket féminin, porté par Arras Pays d’Artois Basket, évolue en Nationale Féminine 2, troisième échelon national féminin (FFBB, fiche club). Le Rugby Club d’Arras était cité en Fédérale 2 dans une source datée de 2016, niveau actuel non confirmé. L’ASPTT Arras propose de son côté une offre omnisports. La ville accueille aussi des événements ponctuels, comme l’arrivée finale du Trophée Paris-Arras Tour ou, en 2018, le départ d’une étape du Tour de France vers Roubaix. Dans cet ensemble, le football garde une place de sport populaire, mais il n’est ni le seul à représenter la ville au-delà de la région, ni celui qui évolue au niveau national. Pour prolonger ce panorama, notre article consacré au basket féminin à Arras détaille le parcours et le niveau réel du club féminin, l’autre visage du sport collectif arrageois.

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