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Sport et vie associative

Où fait-on du sport à Arras ?

Par Blog Arras 13 min de lecture

Plan d’un équipement sportif arrageois : piste et terrain

Chercher les équipements sportifs d’Arras revient à poser deux questions en même temps : où pratique-t-on, et pourquoi les lieux de pratique se trouvent-ils là plutôt qu’ailleurs ? Une ville ne dispose pas ses gymnases et ses terrains au hasard : elle compose avec la surface disponible, avec la carte de ses quartiers et de ses écoles, et avec les terrains que son histoire lui a laissés. Ce texte explique le vocabulaire, ce qui sépare un gymnase d’une salle spécialisée ou un stade d’un terrain d’entraînement, puis la logique d’implantation, le partage entre scolaires, clubs et pratique libre, enfin les espaces qui servent au sport sans en être. Il ne fournit ni annuaire, ni horaires, ni créneaux : ces informations relèvent des services municipaux.

Les équipements sportifs, un mot qui recouvre des lieux très différents

Le mot équipement est commode et trompeur. Dans le langage administratif, il désigne un ensemble aménagé, entretenu, assuré et programmé, dont un propriétaire assume la charge, le plus souvent la commune, parfois une autre collectivité lorsque le lieu est adossé à un établissement scolaire. Un terrain en herbe où l’on tape dans un ballon n’est pas un équipement ; un plateau tracé, clôturé, éclairé et inscrit à un inventaire en devient un. La frontière n’a rien de théorique : elle décide qui paie l’éclairage, qui refait le sol, qui ouvre et qui ferme. La rubrique sport et vie associative aborde ailleurs les clubs et les bénévoles. Ici, il s’agit des murs, des sols et des surfaces, c’est-à-dire de la condition matérielle de toute pratique organisée.

Le gymnase et la salle spécialisée

Un gymnase est d’abord un volume neutre : une aire de jeu tracée pour plusieurs sports collectifs et de raquette, une hauteur sous plafond suffisante, un sol souple, des vestiaires, parfois quelques gradins. Sa qualité première est justement de ne se donner à aucune discipline en particulier, ce qui permet à plusieurs de s’y succéder dans la même journée, au prix d’un montage et d’un démontage permanents de poteaux, de filets et de buts. Une salle spécialisée obéit à la logique inverse : elle est dessinée pour une pratique et une seule, parce que cette pratique suppose un équipement fixe, mur d’escalade, praticable, tatami, agrès, miroirs et barre. Elle se partage mal, mais elle épargne la manutention. Un parc équilibré associe les deux, faute de quoi certaines disciplines restent techniquement impossibles à accueillir.

Le stade et le terrain d’entraînement

Un stade n’est pas un terrain, c’est un terrain plus tout ce qui permet d’y tenir une rencontre officielle devant du public : dégagements réglementaires, vestiaires séparés, éclairage homologué, accès, gardiennage. Le terrain d’entraînement n’a rien de tout cela à assumer, et c’est précisément son rôle : on l’use à la place du premier, dont la pelouse ne supporte qu’un nombre limité d’heures de jeu. Un même site réunit souvent les deux fonctions, comme le stade Degouve, également appelé stade Degouve-Brabant, qui associe un terrain d’honneur Marcel Brabant, un terrain synthétique et une aire d’athlétisme. C’est le stade d’Arras FA, club de football qui évolue en Régional 1, soit le sixième niveau national, sans statut professionnel. Le synthétique, lui, encaisse ce que le gazon naturel refuse.

La piscine et le centre aquatique

Une piscine sportive est un bassin normalisé : longueur calibrée, lignes d’eau, profondeur régulière, murs de virage exploitables, gradins éventuels. Tout y est pensé pour l’enseignement de la natation, l’entraînement et la compétition. Un centre aquatique ajoute à ce bassin des espaces qui ne relèvent pas du sport, plans d’eau ludiques, pataugeoire, secteur détente, et poursuit un autre but, celui d’un équipement de loisir familial ouvert largement. La différence n’est pas cosmétique : elle change le mode d’exploitation, la surveillance, le traitement de l’eau et la façon de faire cohabiter des publics qui ne cherchent pas la même chose. Sur ce point précis, la prudence s’impose : le recensement des équipements municipaux arrageois autres que le stade Degouve n’a pas pu être établi à partir d’une source municipale consultable, et ce texte s’en tient donc au mécanisme.

L’implantation des équipements sportifs arrageois, une affaire de foncier

La carte d’un parc d’équipements se lit d’abord comme une histoire de mètres carrés disponibles. Arras est une commune resserrée : 42 875 habitants en 2023 selon l’INSEE, sur une superficie d’environ 11,63 km², ce qui place la densité autour de 3 700 habitants au kilomètre carré, ordre de grandeur obtenu par simple calcul. Or un terrain de grand jeu et ses dégagements occupent près d’un hectare, un gymnase et son stationnement guère moins. Le panorama des disciplines pratiquées à Arras montre la demande ; le foncier, lui, fixe l’offre possible. Toute la géographie sportive d’une ville-centre découle de cette tension entre une surface communale limitée et des équipements qui comptent parmi les plus consommateurs d’espace de l’action publique.

Une commune dense, un foncier rare

La densité n’explique pas seulement la rareté des terrains, elle explique aussi l’intensité de la demande. Les données INSEE de 2015 décrivent une ville d’appartements et de locataires, avec 65 % d’appartements et 65,4 % de locataires parmi les résidences principales, proportions inhabituelles pour une commune de cette taille et cohérentes avec son statut de ville-centre universitaire et administrative. Dans une ville où le jardin privatif est minoritaire, l’espace de pratique est nécessairement collectif : ce qui se fait ailleurs derrière une haie se fait ici dans un équipement public ou dans la rue. La conséquence est mécanique. Plus le logement est compact, plus la pression sur le gymnase, sur le terrain et sur le parc est forte, et plus la question du partage devient centrale.

La proximité des quartiers et des établissements scolaires

Un équipement de proximité ne vaut que par son rayon de marche. C’est pourquoi les gymnases suivent la carte des quartiers, dont les dénominations les plus sûres viennent de la géographie prioritaire de la politique de la ville : Cheminots, Jean Jaurès, Moulin Hacart, Blancs Monts, Hochettes, Bonnettes, Saint-Pol, Baudimont, Saint-Michel, Goudemand, auxquels s’ajoutent Ronville, Méaulens, la Basse-Ville et la Madeleine. Les quartiers prioritaires rassemblent 10 402 habitants, soit 24,6 % de la population municipale d’après le SIG Politique de la ville. L’autre aimant, c’est l’école. Un gymnase adossé à un collège ou à un lycée sert d’abord l’enseignement de l’éducation physique, puis les associations le reste du temps : ce double usage justifie l’investissement, mais il impose une cohabitation stricte, et il explique pourquoi tant de salles sont collées à un établissement.

Les emprises militaires libérées par l’armée

Reste une réserve foncière que peu de villes possèdent : les anciennes emprises militaires. Arras en offre le cas d’école avec la citadelle bâtie par Vauban entre 1668 et 1672, pentagone à cinq fronts et cinq bastions qui couvre environ quinze hectares intra-muros, au sein d’un site de reconversion global de soixante-douze hectares. Des parcelles ont été cédées par l’armée à la ville en 2010, ouvrant la voie à des usages civils : siège de la Communauté urbaine d’Arras, logements, entreprises, accueil d’un grand festival. Une telle libération de terrain n’est jamais un chèque en blanc. La citadelle est classée en totalité au titre des monuments historiques par arrêté du 23 octobre 2012, protection qui englobe ses ouvrages bâtis et non bâtis ainsi que l’ensemble des sols, et elle est inscrite au patrimoine mondial au titre des Fortifications de Vauban.

Type de lieuCe que sa localisation impose
Gymnase adossé à un établissement scolaireEnseignement en journée, associations en soirée et le week-end
Salle spécialiséeUn équipement fixe unique, donc un rayon d’usage à l’échelle de la ville
Stade avec tribuneAccès, stationnement et voisinage, donc une position plutôt périphérique
Terrain d’entraînementProximité du stade, pour mutualiser vestiaires et gardiennage
Bassin couvertExploitation lourde, donc un équipement rare et centralisé
Espace libre non aménagéAucune programmation possible, donc une fréquentation non régulée

Le partage des équipements entre scolaires, clubs et pratique libre

Un équipement public n’appartient à personne en particulier, ce qui est sa force et sa difficulté. Le partage n’a d’ailleurs rien de propre au sport : l’espace public arrageois est presque partout un espace à usages superposés, et l’histoire des façades reconstruites des places d’Arras rappelle qu’un même sol accueille tour à tour un marché, des animations de fin d’année et une simple traversée. Pour une salle de sport, la superposition prend la forme d’un calendrier. Trois familles d’usagers se succèdent : les scolaires, qui ont un droit d’usage lié à l’enseignement obligatoire, les associations, qui encadrent une pratique licenciée, et les habitants qui pratiquent seuls, sans club ni encadrement. Les trois n’ont ni les mêmes horaires, ni les mêmes besoins, ni le même statut juridique.

La journée d’un équipement couvert

La journée type d’un gymnase se lit comme une stratification. La tranche scolaire occupe le temps de classe, parce que l’éducation physique est une discipline d’enseignement et non une activité optionnelle : elle a la priorité et elle est planifiée à l’année. Vient ensuite le temps périscolaire, plus souple, puis la tranche associative, qui commence quand les élèves partent et qui s’étire tard, avant les week-ends occupés par les rencontres. Cette organisation explique une frustration courante : un équipement peut paraître vide au milieu de la matinée et introuvable à dix-neuf heures. Elle explique aussi pourquoi un créneau libéré est immédiatement repris. Les horaires précis ne sont pas donnés ici, car ils sont arrêtés localement, révisés régulièrement et n’ont aucune valeur durable dans un texte qui vise l’explication.

Conventions, clés et responsabilités

L’accès d’un club à une salle municipale repose sur un acte écrit, généralement une convention de mise à disposition, qui désigne le lieu, la période, l’usage autorisé et la personne responsable. Les associations arrageoises relèvent du droit commun de la loi du 1er juillet 1901, le droit local d’Alsace-Moselle ne s’appliquant pas dans le Pas-de-Calais. C’est donc une personne morale identifiée, avec des dirigeants, une assurance et des statuts, qui reçoit les clés et répond des dégradations. Ce formalisme n’est pas une tracasserie : il rend possible le prêt d’un bien public à un tiers. La ville d’Arras dispose d’une Direction de la vie associative installée en mairie, qui conseille les porteurs de projets, publie un annuaire des associations et organise un village des associations.

La pratique libre, la plus difficile à programmer

La pratique libre est celle qui échappe au calendrier : courir, marcher, pédaler, jouer sur un plateau ouvert, sans licence ni horaire. Elle ne se réserve pas, ne se compte pas et ne se facture pas, ce qui la rend presque invisible dans les documents de gestion, alors qu’elle mobilise sans doute le plus grand nombre de pratiquants. Elle occupe donc surtout ce qui reste disponible en permanence, c’est-à-dire les espaces non programmés. Le schéma ci-dessous replace les grandes familles de lieux sur une carte de principe, du couvert au plein air et de l’équipement fermé à l’espace ouvert.

Une même salle, trois publics dans la journée44 %36 %20 %Matin et après-midiscolaires et universitairesFin de journée et soiréeentraînements des clubsWeek-endcompétitions, puis créneaux ouvertsCe qui coinceLe créneau, pas lebâtiment. Un équipementneuf ne règle rien si lesheures utiles restent lesmêmes pour tout le monde.Proportions illustrativesElles figurent un partage de journée type, elles ne mesurent aucun planning arrageois réel : ces données ne sont pas publiées.
Une journée d’équipement sportif. Schéma illustratif et non mesuré, signalé comme tel. Il sert à expliquer un mécanisme de partage, pas à décrire l’occupation réelle d’un équipement.

Ce que la carte met en évidence tient en une opposition simple. Plus un lieu est équipé, plus il est utile et plus il est rare, donc plus il doit être partagé par un calendrier ; moins il l’est, plus il est disponible et moins il permet de pratiques exigeantes. Entre les deux se loge la catégorie hybride des aires de plein air aménagées, tracées et éclairées mais rarement réservables, qui absorbent une part importante de la pratique spontanée. Un parc d’équipements cohérent ne cherche pas à tout convertir en salle : il maintient délibérément des espaces ouverts, parce qu’ils accueillent ce que la programmation ne peut pas prévoir.

Les espaces qui servent au sport sans être des équipements sportifs

Une part considérable de l’activité physique d’une ville se déroule là où aucun panneau ne parle de sport. Promenades, abords de fortifications, berges, parcs et places forment un réseau de pratique parallèle, gratuit, ouvert et non encadré. Ces espaces n’ont pas été conçus pour cela, ce qui explique leurs qualités comme leurs limites : ils sont continus, souvent plats et rarement fermés, mais ils ne proposent ni vestiaire, ni éclairage adapté, ni surface amortissante, et leur usage sportif entre parfois en concurrence avec d’autres fonctions, la promenade, le recueillement, la circulation ou le stationnement. Les comprendre suppose de revenir à leur origine, car à Arras cette origine est presque toujours militaire, hydraulique ou patrimoniale, jamais sportive.

Les abords de la citadelle

Le vocabulaire des fortifications éclaire la forme de ces espaces : autour d’un ouvrage bastionné, le glacis désigne la pente dégagée que l’on maintenait vide de toute construction pour laisser le champ libre aux défenseurs. Cette contrainte militaire a produit, autour des citadelles, de larges surfaces non bâties dont les villes ont hérité, et qui offrent aujourd’hui des dégagements sans équivalent en tissu urbain dense. À Arras, le classement de 2012 couvrant les ouvrages bâtis et non bâtis ainsi que l’ensemble des sols, ces abords ne sont pas un terrain neutre : tout aménagement y relève d’une procédure d’autorisation patrimoniale. S’y ajoute une dimension mémorielle, puisque le Faubourg d’Amiens Cemetery, l’Arras Memorial et l’Arras Flying Services Memorial se trouvent boulevard du Général de Gaulle, à proximité de la citadelle, dans un site où la course n’est pas un usage attendu.

La Scarpe et les itinéraires plats

Les cours d’eau produisent le second type d’espace favorable, pour une raison purement physique : une vallée offre des cheminements longs, continus et presque sans dénivelé, exactement ce que recherchent la marche d’endurance, la course et le vélo du quotidien. La Scarpe traverse le territoire arrageois, et Cité Nature, installée boulevard Schuman dans une ancienne usine de lampes de mineurs réaménagée par Jean Nouvel, en occupe l’une des rives. Il faut cependant rester prudent : les sources consultées ne documentent pas le détail des aménagements de berges, leur continuité ni leur statut, et il serait imprudent de décrire ici un itinéraire précis. Le principe, lui, est solide, et il vaut pour toutes les villes de plaine : le linéaire d’eau structure la pratique d’endurance bien plus sûrement que les équipements.

Les places, les promenades et la marche urbaine

Restent les places et les rues, support de la pratique la plus répandue et la moins comptée, la marche. La Grand’Place, la place des Héros et la place de la Vacquerie forment un ensemble dont les dimensions n’ont rien de banal, la seule Grand’Place mesurant 184 mètres sur 96, et leur sol pavé se prête davantage à la déambulation qu’à la course. Ces surfaces sont d’ailleurs mobilisées à tour de rôle par les marchés du mercredi et du samedi matin, puis par les animations de fin d’année, ce qui rappelle que la disponibilité y est toujours provisoire. La marche organisée trouve pourtant sa place dans le calendrier arrageois, avec la R’andouillette, marche associée à la Fête de l’Andouillette, qui se tient chaque année le dernier week-end d’août.

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