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Histoire et patrimoine

Que sait-on de Nemetacum, la ville gallo-romaine devenue Arras ?

Par Blog Arras 14 min de lecture

Plan schématique de Nemetacum, l’Arras gallo-romaine : voies croisées, enceinte, temple, amphore et monnaie celte

Avant d’être la ville des places à arcades, du beffroi et des tapisseries, Arras fut une cité antique : Nemetacum, l’Arras gallo-romaine, héritière d’un oppidum gaulois tenu par les Atrébates. Ce passé-là ne se voit presque plus. Il ne dresse aucune colonnade au-dessus des toits et n’a laissé aucun amphithéâtre au détour d’une rue. Il se lit dans des noms, dans quelques lignes d’encyclopédie, dans la géologie d’un sous-sol de craie et dans la manière dont une ville se reconstruit sans cesse sur elle-même. Ce que l’on peut affirmer avec certitude tient en peu de mots : un peuple belge, un oppidum, une conquête romaine en 56 av. J.-C., puis une place de garnison importante. Tout le reste demande de la prudence, et c’est précisément ce qui rend le sujet passionnant. Voici ce que l’on sait de Nemetacum, ce que l’on ignore encore, et comment la ville antique continue de travailler sous l’Arras d’aujourd’hui.

Nemetacum avant Rome : l’oppidum des Atrébates

Le point de départ est solide : Arras correspond à l’antique Nemetacum, un oppidum du peuple belge des Atrébates (Wikipédia, article « Arras », versions française et anglaise). Le mot latin oppidum désigne, chez les auteurs antiques comme chez les archéologues, une agglomération fortifiée de l’âge du fer, souvent protégée par un relief ou un rempart, qui concentre pouvoir, échanges et artisanat. Qualifier Nemetacum d’oppidum, c’est donc dire qu’un habitat groupé et défendu existait ici avant l’arrivée des légions, et que la ville romaine ne s’est pas posée sur un désert. Les Atrébates, rangés parmi les peuples dits belges du nord de la Gaule, occupaient un pays de plateaux crayeux entaillés de vallées, dont celle de la Scarpe. Ce socle de craie compte dans l’histoire locale : c’est lui que l’on extraira beaucoup plus tard, à partir du IXe siècle, pour bâtir églises et défenses, en creusant les galeries que l’on appelle aujourd’hui les boves d’Arras. Rien n’indique que ces carrières médiévales remontent à l’Antiquité, et il serait abusif de l’écrire. Mais la roche qui les abrite est la même que celle sur laquelle les Atrébates avaient établi leur place forte, et elle conditionne depuis toujours la manière de bâtir et de creuser à Arras.

Un peuple belge dont le nom a traversé les siècles

Les Atrébates n’ont pas disparu avec la conquête : leur nom a survécu à Rome. Comme bien des chefs-lieux de la Gaule du Nord, la ville a fini par être désignée par le nom du peuple dont elle était le centre, et c’est de ce nom collectif que dérive, celui d’Arras. Le même héritage se retrouve, selon l’étymologie couramment admise, dans le nom de l’Artois, la région historique dont Arras fut la capitale. Il faut toutefois garder les distinctions claires : l’Artois est une région historique, le Pas-de-Calais un département, la Communauté urbaine d’Arras une intercommunalité, et aucun de ces périmètres ne coïncide avec le territoire atrébate antique, dont les limites exactes ne sont pas établies par les sources consultées. Ce glissement du nom d’un peuple vers celui de sa ville principale est un phénomène bien connu, qui s’observe dans de nombreuses cités gauloises au cours de l’Antiquité tardive, lorsque l’appellation latine d’origine s’efface au profit du nom de la communauté. Pour Arras, il signifie que chaque fois que l’on prononce le nom de la ville, on prononce sans le savoir celui d’un peuple de l’âge du fer. Peu de traces du passé sont aussi quotidiennes que celle-là.

Nemetacum ou Nemetocenna : un nom, deux graphies

La ville antique apparaît sous deux formes, Nemetacum et Nemetocenna (Wikipédia, article « Arras »). Cette double graphie n’a rien d’exceptionnel : les noms de lieux gaulois nous parviennent à travers des auteurs grecs et latins, des itinéraires, des bornes ou des monnaies, chacun transcrivant à sa façon des sons qui n’appartenaient pas à sa langue. Les deux formes partagent une racine que les linguistes rapprochent généralement du gaulois nemeton, terme qui désigne un lieu sacré ou consacré, sanctuaire ou bois réservé au culte. Il faut rester mesuré sur ce point : une étymologie éclaire un nom, elle ne prouve pas l’existence d’un temple précis à un emplacement donné, et aucune source consultée ne localise un sanctuaire atrébate sous la ville actuelle. L’hypothèse est pourtant séduisante, car elle suggère que le site avait une dimension religieuse avant même de devenir une place forte, situation fréquente dans le monde celtique, où lieu de culte, marché et refuge se superposent volontiers. Retenir les deux graphies a aussi une utilité pratique pour le lecteur curieux : catalogues de bibliothèques, inventaires archéologiques et ouvrages anciens emploient l’une ou l’autre, et chercher avec un seul nom revient à passer à côté d’une partie de la littérature disponible.

De l’oppidum atrébate aux caves marchandesRepères datés par les sources, espacement non proportionnel au tempsAvant 56 av. J.-C.Oppidum des Atrébatesnommé Nemetacum56 av. J.-C.Conquête romainede la régionÉpoque romainePlace de garnisonimportante667Fondation de l’abbayeSaint-VaastIXe siècleExtraction de la craiesous la villeXIIe siècleCarrières devenuescaves marchandesAntiquitéMoyen Âge
De Nemetacum aux premières caves. Six jalons attestés par les sources consultées (Wikipédia, office de tourisme Arras Pays d’Artois) ; l’espacement ne respecte pas la durée réelle des périodes.

Nemetacum après 56 av. J.-C. : une ville romaine de garnison

La conquête romaine de la région est datée de 56 av. J.-C. (Wikipédia, article « Arras »). Elle s’inscrit dans le contexte de la guerre des Gaules, au cours de laquelle les peuples belges du Nord passèrent l’un après l’autre sous l’autorité de Rome. Pour Nemetacum, l’information décisive vient ensuite : la ville devient une place de garnison romaine importante (Wikipédia anglophone, article « Arras »). Le terme mérite d’être pris au sérieux. Une garnison suppose des soldats stationnés durablement, donc des casernements, des approvisionnements, des routes pour déplacer hommes et vivres, et toute une population civile qui vit du voisinage des troupes : artisans, marchands, familles. En revanche, les sources consultées ne donnent ni l’effectif de la garnison, ni les unités présentes, ni la durée exacte de leur séjour, et il serait malhonnête de combler ces vides par des chiffres. Le tableau ci-dessous distingue ce que l’on peut affirmer de ce qui reste ouvert, afin que chaque information sur Nemetacum soit rattachée à sa source et que les zones d’ombre soient présentées comme telles, plutôt que remplies par l’imagination.

RepèreCe que disent les sources consultées
Peuple occupant le siteLes Atrébates, peuple belge du nord de la Gaule (Wikipédia FR et EN)
Nom antiqueNemetacum, aussi écrit Nemetocenna (Wikipédia FR et EN)
Nature du site avant RomeUn oppidum, agglomération fortifiée (Wikipédia FR et EN)
Conquête romaine56 av. J.-C. (Wikipédia FR)
Rôle sous RomePlace de garnison romaine importante (Wikipédia EN)
Plan, surface, populationAucune donnée chiffrée dans les sources publiques consultées
Premier jalon médiéval datéFondation de l’abbaye Saint-Vaast en 667 (Wikipédia FR)

Ce qu’implique une place de garnison

Dire que Nemetacum fut une place de garnison, c’est d’abord dire qu’elle occupait une position utile. Une armée ne s’installe pas au hasard : elle cherche un point facile à ravitailler, relié à d’autres postes, capable de surveiller un territoire et ses axes de circulation. Ensuite, une garnison transforme la ville qui l’accueille. Les soldats sont payés, ils consomment, ils commandent des objets, et leur présence attire des commerçants venus parfois de loin. Le camp et l’agglomération civile finissent souvent par se confondre, les baraquements laissant place à des maisons, les chemins militaires à des rues. Enfin, la garnison inscrit la ville dans un réseau à l’échelle impériale : ce qui se passe à Nemetacum dépend désormais de décisions prises bien au-delà de l’Artois. Cette lecture reste générale, car aucune source consultée ne décrit le camp arrageois lui-même, son emplacement ou ses défenses. Elle aide néanmoins à comprendre pourquoi une ville que Vauban dotera d’une citadelle entre 1668 et 1672 avait déjà, plus de dix-sept siècles plus tôt, retenu l’attention d’une autre puissance militaire soucieuse de tenir le nord de la Gaule et ses routes.

Une cité gallo-romaine du Nord : le cadre général

Pour se représenter Nemetacum, il faut se tourner vers ce que l’on sait des villes gallo-romaines en général, en gardant à l’esprit que chaque site a ses particularités. Dans les provinces du nord de la Gaule, Rome organise le territoire en civitates, des cités qui correspondent souvent aux anciens peuples gaulois et qui possèdent un chef-lieu. Ce chef-lieu reçoit en règle générale un plan plus ou moins régulier, articulé autour de deux axes, le cardo et le decumanus, et se dote au fil du temps d’équipements publics romains : forum, temples, thermes, parfois un théâtre ou un amphithéâtre. Des voies relient ces chefs-lieux entre eux et structurent durablement les paysages, au point que certaines routes actuelles en suivent encore le tracé. Rien de tout cela ne peut être plaqué mécaniquement sur Arras. Les sources consultées pour cet article ne décrivent ni le forum de Nemetacum, ni son réseau de rues, ni l’emplacement de ses éventuels monuments. Le schéma général sert donc de grille de lecture, pas de description. Il aide à formuler les bonnes questions quand une découverte est signalée : s’agit-il d’un bâtiment public, d’une maison, d’un atelier ou d’une nécropole, sachant que les Romains enterraient leurs morts hors des zones habitées, le long des routes qui quittaient la ville ?

Que reste-t-il de Nemetacum sous l’Arras actuelle ?

La réponse honnête tient en deux temps : presque rien n’est visible, et beaucoup reste potentiellement enfoui. Aucune ruine antique ne se dresse aujourd’hui dans le paysage arrageois. Le visiteur qui cherche Nemetacum en levant les yeux ne verra que des pignons, des arcades et le beffroi de 75 mètres. C’est sous ses pieds qu’il faut regarder. Les villes occupées sans interruption depuis l’Antiquité accumulent les couches : chaque génération nivelle, remblaie, récupère les pierres de la précédente et bâtit par-dessus. À Arras, ce processus a été amplifié par l’histoire récente, puisque la ville a été détruite aux trois quarts pendant la Première Guerre mondiale (Wikipédia, article « Arras »), puis reconstruite, les places étant restaurées à l’identique entre 1919 et 1934 sous la direction de l’architecte Pierre Paquet. Les niveaux antiques se trouvent donc, là où ils subsistent, sous plusieurs strates médiévales, modernes et contemporaines. Ils ont pu être détruits par des caves, des fondations ou des carrières ; ils ont pu aussi être scellés et protégés par ces mêmes remblais. Seule une fouille, au cas par cas, permet de trancher.

Le sous-sol de craie, à la fois archive et menace

Le sous-sol arrageois a une particularité qui complique la quête de Nemetacum : il a été abondamment creusé. À partir du IXe siècle, on y extrait la craie pour bâtir les édifices religieux et les premières défenses ; au XIIe siècle, l’extraction cesse et les marchands transforment ces vides en caves de stockage (office de tourisme Arras Pays d’Artois). Le réseau qui en résulte court sur une vingtaine de kilomètres, à environ 12 mètres sous la place des Héros (même source). Plus loin, la carrière Wellington, à quelque 20 mètres de profondeur, rappelle que d’anciennes carrières médiévales furent reliées à partir de novembre 1916 par des tunneliers néo-zélandais pour abriter jusqu’à 24 000 soldats avant la bataille du 9 avril 1917 (site officiel de la carrière Wellington). Pour l’archéologue, ces creusements ont un double effet. Ils ont pu entailler ou faire disparaître des niveaux anciens, en particulier au droit des accès et des caves proches de la surface. Mais ils constituent aussi une archive : parois de craie, puits et traces d’outils racontent la façon dont la ville a exploité son socle. La même roche a servi d’assise à l’oppidum, de carrière aux bâtisseurs médiévaux et d’abri aux soldats du XXe siècle, ce qui fait d’Arras une ville à lire en profondeur.

Le musée des Beaux-Arts et le domaine archéologique

Où voir, alors, des traces de l’Arras antique ? Le réflexe conduit au musée des Beaux-Arts d’Arras, installé dans l’ancienne abbaye Saint-Vaast. Établissement municipal, il porte l’appellation Musée de France au sens du Code du patrimoine depuis le 5 janvier 2002, et sa notice officielle mentionne l’archéologie parmi ses domaines de collection, aux côtés des arts décoratifs, des beaux-arts, de l’histoire et de la photographie (base Muséofile, notice M0640). Elle ne détaille pas, en revanche, le contenu précis du fonds archéologique, ni la part qu’y occupe la période gallo-romaine, ni ce qui est exposé en permanence. Avant une visite centrée sur Nemetacum, mieux vaut donc interroger directement le musée sur les salles ouvertes et les objets présentés. L’appellation a une portée concrète : elle engage l’établissement à inventorier, conserver et rendre accessibles ses collections, qui deviennent inaliénables. C’est une garantie que les objets issus du sol arrageois, lorsqu’ils y entrent, ne sont pas dispersés et restent consultables, par les chercheurs comme par le public, bien après la fin du chantier qui les a mis au jour.

Coupe schématique sous le centre d’ArrasRepères qualitatifs, pas des mesures : épaisseurs non à l’échelleNiveaux du XXe siècle : reconstruction de 1919 à 1934Niveaux médiévaux et modernes, caves et fondationsNiveaux antiques possibles : Nemetacum, conservation variable selon les lieuxCraie : socle de l’oppidum, exploitée à partir du IXe siècleBoves : environ 12 m sous la place des HérosCarrière Wellington : environ 20 mIXe au XIIe siècle : carrières puis caves1916-1917 : carrières reliées avant la batailleSources : office de tourisme Arras Pays d’Artois ; site officiel de la carrière Wellington.
Nemetacum dans l’épaisseur du sol. Les profondeurs des boves et de la carrière Wellington sont celles données par leurs gestionnaires ; les autres couches sont figurées sans échelle.

Étudier Nemetacum aujourd’hui : méthodes et sources

Reconstituer une ville antique à partir d’indices aussi minces relève d’un travail d’enquête. Les historiens croisent quatre familles de sources. Les textes d’abord : auteurs grecs et latins, itinéraires routiers, listes administratives de l’Empire tardif, qui livrent des noms et parfois des fonctions. Les inscriptions et les monnaies ensuite, qui fixent une graphie, une date ou le nom d’un notable. La toponymie, qui conserve dans les noms de lieux la mémoire d’états anciens, comme le montre le passage des Atrébates à Arras. L’archéologie enfin, seule capable de fournir des plans, des matériaux, des datations et des objets. Pour Nemetacum, la synthèse la plus accessible au grand public reste l’encyclopédie en ligne, qui rassemble le nom antique, le peuple, la date de la conquête et le rôle de garnison, mais sans détailler ses propres sources primaires. D’où une règle de prudence simple que tout lecteur peut appliquer : se méfier des chiffres ronds et des descriptions trop précises qui circulent sans référence, qu’il s’agisse de la superficie supposée de la ville romaine, du nombre de ses habitants ou de l’emplacement de son forum. Quand une affirmation ne renvoie à aucune fouille, aucun rapport ni aucune publication identifiable, elle doit être tenue pour une hypothèse, si séduisante soit-elle.

L’archéologie préventive, une fenêtre ouverte à chaque chantier

En France, une grande part des connaissances nouvelles sur les villes antiques provient aujourd’hui de l’archéologie préventive. Le principe, fixé par le Code du patrimoine, est le suivant : lorsqu’un projet d’aménagement est susceptible d’affecter des vestiges, l’État, par l’intermédiaire du service régional de l’archéologie de la direction régionale des affaires culturelles, peut prescrire un diagnostic, puis, si le potentiel le justifie, une fouille avant travaux. Dans une ville dont le sous-sol garde la trace d’une occupation remontant à l’âge du fer, chaque tranchée de réseau, chaque parking souterrain, chaque reconstruction d’îlot peut ainsi devenir une occasion d’apercevoir Nemetacum. Les particuliers sont concernés eux aussi : une découverte fortuite de vestiges lors de travaux doit être déclarée au maire, qui la transmet aux services de l’État. Les modalités précises évoluent et se vérifient auprès de la mairie ou de la DRAC Hauts-de-France. Pour le public, le fruit de ces opérations prend la forme de rapports, d’articles scientifiques et parfois d’expositions ou de visites de chantier. Les résultats ne sont pas toujours spectaculaires, mais leur addition patiente, tesson après tesson et mur après mur, finit par dessiner le plan d’une ville que personne n’a vue debout depuis des siècles.

De Nemetacum à l’abbaye Saint-Vaast : la continuité d’un site

Le premier jalon médiéval solidement daté de l’histoire arrageoise, la fondation de l’abbaye Saint-Vaast en 667 (Wikipédia, article « Arras »), survient environ sept siècles après la conquête romaine. Entre les deux s’étend une longue période, celle de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, que les sources consultées ne documentent pas pour Arras. On peut seulement observer que la ville ne s’est pas vidée : l’implantation d’une grande communauté religieuse suppose un site habité, des terres exploitées et des voies de circulation toujours utilisables, autant d’héritages probables de l’époque romaine. Le nom de l’abbaye renvoie à saint Vaast, figure de l’évangélisation de la région, et son histoire épouse ensuite celle de la ville : reconstruite au milieu du XVIIIe siècle en style classique, détruite pendant la Première Guerre mondiale puis restaurée à l’identique, elle abrite aujourd’hui le musée des Beaux-Arts (base Muséofile, notice M0640), tandis que l’ancienne église abbatiale est devenue la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast, classée monument historique le 30 octobre 1906 (base Mérimée). Le visiteur qui traverse la cour de l’abbaye marche ainsi sur un sol où peuvent se superposer, sans qu’on sache encore en tracer les contours, la ville des Atrébates, la garnison romaine et le monastère du VIIe siècle.

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